jeudi 2 juin 2011

Les règles d'or avant d'investir dans le secteur Biotech (3)

Troisième règle d'or: investir dans les produits biologiques

Jusqu'au milieu des années 90, les médicaments à succès étaient issus de la chimie de synthèse. Mais avec l'avènement de la biologie moléculaire, il fût possible de produire à grande échelle des protéines thérapeutiques comme les anticorps, les enzymes, l'insuline, les facteurs de croissance,  les vaccins voire plus récemment des ARNs ou des cellules souches. Aujourd'hui, ces molécules biologiques (MB) remplissent les pipelines de recherche clinique au détriment des petites molécules chimiques. Il n'y avait que 25 MB commercialisée en 2006 pour près de 200 aujourd'hui avec un chiffre d'affaire 2009 s'élevant à 99 milliards de $. Ce sont les anticorps anti-TNF (18 milliards $), l'insuline (13) puis l'EPO (9,5) qui se taillent la part du lion. C'est le secteur à plus forte croissance du marché pharmaceutique évalué à plus de 600 milliards de $ (Nature Biotechnology Vol 28 2010). Le marché global des MB pourrait croître à un rythme soutenu les dix prochaines années (7% à 15% par an) pour moins de 5% avec les molécules chimiques (Nature Biotechnology Vol 28, 2010).  

Les raisons de leur succès sont multiples. Par exemple les anticorps sont plus sélectifs que les petites molécules c'est à dire qu'ils agissent en général sur un seul mécanisme et génèrent ainsi moins d'effets indésirables. Il y aussi le succès des vaccins dopés par les pays émergents qui investissent en masse dans les programmes de santé publique dont la vaccination. Une autre raison de ce succès est la difficulté de copier les MB et donc des ventes qui resteront stables après l'expiration du brevet. Pour rappel, un brevet a une durée de 20 ans mais en pratique il protège un nouveau médicament 8 à 10 ans car il faut une dizaine d'années de recherche avant de le commercialiser. Au contraire des MB, les molécules chimiques à succès ou "blockbusters" tombent dans le domaine public les unes après les autres et sont aisément copiées par des médicaments génériques. On parle alors de "patent cliff" qui se traduira par une perte globale chiffrée à des dizaines de milliards de $  à l'aube 2012. 

En conclusion, les MB offrent deux avantages majeurs aux investisseurs: un succès plus élevé en Phase III et une exposition moindre aux génériques. 

Les règles d'or avant d'investir dans le secteur Biotech (2)


Deuxième règle d'or: choisir un domaine thérapeutique à haut potentiel

Un domaine thérapeutique n'est pas l'autre car une molécule en Phase III en immunologie a plus de chance de succès qu'une molécule qui cible le cancer ou la maladie d'Alzheimer. En effet, les modèles animaux et les mesures de l'efficacité en Phase II chez des malades atteints de cancer ou d'une maladie neurologique sont fort peu prédictifs d'un succès en Phase III sur un large échantillon de malades. Seulement 8% des molécules ciblant les maladies neurologiques réussiront en Phase III (Science Vol 239, 2010). C'est pour cette raison que les grosses sociétés comme GSK ou Pfizer ont délocalisé la recherche sur ces maladies en Chine afin de minimiser les coûts en cas d'échec. Malheureusement, le risque d'échec reste très élevé (de l'ordre de 90%) dans le domaine cardiovasculaire, les maladies digestives et le diabète. Dès lors, beaucoup de grosses sociétés préfèrent investir en oncologie, dans les maladies infectieuses ou dans les maladies autoimmunes où le risque est un peu moins élevé (environ 80%), laissant les domaines les plus risqués aux Biotechs.  En conclusion, cibler vos investissements vers les domaines thérapeutiques moins risqués.